Les Ogres-Dieux #1, la critique

Ogres-dieux, Petit, Soleil, Hubert, GatignolAvec ce premier tome des Ogres-Dieux, Hubert et Laurent Gatignol épluchent toute l’histoire d’une famille Ogres et ses membres, du plus jeune au plus petit, entre héritage, coutumes et tiraillements…

Petit est le fils du Roi-Ogre. À peine plus grand qu’un simple humain, il porte sur lui le signe de la dégénérescence familiale qui rend chaque génération plus petite que la précédente à force de consanguinité. Son père veut sa mort, mais sa mère voit en lui la possible régénération de la famille puisqu’il pourrait s’accoupler à une humaine tel que le fit jadis le Fondateur de la lignée. Elle le confie alors à la tante Desdée, la plus ancienne d’entre eux, qui déshonorée en raison de son amour pour les humains, vit recluse dans une partie de l’immense château. Seulement voilà, contrairement au souhait de sa mère, elle tentera d’élever Petit à l’inverse des moeurs familiales… Tiraillé entre les pulsions violentes dont il a hérité et l’éducation humaniste qu’il a reçue de Desdée, Petit trouvera-t-il sa place ? Et survivra-t-il à l’appétit vorace de sa famille ?

En tout point, Petit est un album exceptionnel. Dès la couverture, sombre et imposante, le lecteur est plongé dans le mystère de ces Ogres-Dieux. Puis le scénario d’Hubert, construit sous deux axes narratifs avec d’un côté la bande dessinée narrant l’histoire de Petit et de l’autre des textes illustrés se concentrant sur la vie des différents souverains depuis le fondateur, capte le lecteur, dès la première page, avec une histoire extrêmement bien ficelée et des personnages très attachants. Il dresse un univers original où les ogres sont des dieux et les humains des esclaves. La naissance de Petit chamboule complétement cet univers et devient une source de conflit. Haï et rejeté par son père en raison de sa petite taille, Petit peine à se faire une place dans ce monde où la violence est reine.

Ogres-dieux, Petit, Soleil, Hubert, Gatignol
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Graphiquement, la magie opère dès la première page. Laurent Gatignol parvient en quelques cases à embarquer le lecteur. Comme le héros, le lecteur se sent tout petit face aux dessins de l’auteur. Son style épuré et dynamique est tout simplement envoutant.

Petit est un album dont il ne faut pas passer à côté. Certes, l’album est paru en 2014, mais il n’est pas trop tard pour découvrir cet album merveilleux et très original qui saura enchanter tous les lecteurs.

Ogres-Dieux #1
Petit
170 pages
Hubert – Laurent Gatignol
Editions Soleil
Parution : 3 décembre 2014

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Undertaker #3, la critique

Undertaker 3, L'ogre de Sutter Camp, Dargaud, Dorison, MeyerL’Ogre de Sutter Camp marque le début d’un nouveau dyptique d’Undertaker dans lequel Xavier Dorison et Ralph Mayer s’intéressent au passé de Jonas Crow !

Jonas Crow n’est plus ce pauvre croque-mort solitaire… même si, lui, aurait bien voulu le rester ! Mademoiselle Lin et Rose, la belle Anglaise, se sont associées au croquemort. De la douceur dans son monde de brutes ? Pas pour très longtemps… Un ancien colonel lui apprend que « l’Ogre de Sutter Camp est vivant » ! Son passé trouble pendant la guerre de Sécession ressurgit, et Jonas engage alors sa « troupe » dans une chasse à l’homme et à ses propres regrets…

Après un premier dyptique, très réussi, qui a indéniablement marqué les esprits des lecteurs, le retour de Jonas crow était fortement attendu. Eh bien, L’ogre de Sutter Camp, troisième tome de Undertaker, ne déçoit pas un seul instant. Xavier Dorison ouvre ce nouveau dyptique avec un récit à l’ambiance très sombre et pesante. Alors que Rose et Mademoiselle Lin, qui accompagnent désormais Jonas Crow, souhaitent relancer le business du Croquemort, ils vont être, tous les trois, confrontés au passé de Jonas durant la guerre de sécession. Un passé dont le héros ne semble pas très fier. Xavier Dorison ne dévoile que quelques secrets de ce passé pour mieux ménager le suspense et installer une certaine tension tout au long du récit. Le scénariste signe une aventure prenante et captivante qui est menée tambours battants. Les dialogues de Xavier Dorison, percutants à souhaits, terminent de convaincre le lecteur.

Undertaker 3, L’ogre de Sutter Camp, Dargaud, Dorison, Meyer
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Undertaker 3, L’ogre de Sutter Camp, Dargaud, Dorison, Meyer
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L’autre point fort de cette série est bien évidemment le graphisme de Ralph Meyer qui embarque superbement le lecteur dans l’ouest américain. Accompagnant le récit, le dessin de Ralph Meyer est plus sombre que sur le premier dyptique, avec beaucoup d’ambiance de nuit et dans la forêt. Le talent de Ralph Meyer n’est plus à démontrer, et pourtant on le (re)découvre à chaque album. Dans cet album le lecteur est notamment saisi par les gros plans des personnages, très réalistes et expressifs…

Xavier Dorison et Ralph Meyer remettent le couvert et signent avec L’ogre de Sutter Camp un excellent album mêlant habilement rythme et actions. Le cliffhanger final donne irrémédiablement envie de lire la suite de cette aventure… Vite !

 

Undertaker #3
L’ogre de Sutter Camp
64 pages
Xavier Dorison – Ralph Meyer
Dargaud
Parution : 27 janvier 2015

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Aude Picault, dans la case… | Idéal standard

Idéal Standard, Aude Picault, Dargaud, dans la case

une Case en plus vous propose de rentrer Dans la case d’un auteur de bande dessinée, qu’il soit scénariste, dessinateur ou encore coloriste. Dans la case, c’est simple : l’auteur choisit une case au sein de son dernier album, explique son choix et la décrypte pour vous.

Aujourd’hui, Aude Picault vous propose d’entrer dans la case 5 de la page 2 d’Idéal Standard édité par les éditions Dargaud.

Idéal Standard, Aude Picault, Dargaud, dans la case

« Cette case achève l’introduction d’Idéal Standard. Sur deux pages muettes, on suit le personnage principal, Claire, dans ses préparatifs matinaux et son trajet vers le boulot. Elle se douche, sa maquille, s’habille. Dans la rue, elle jauge son reflet dans une vitrine, dans le métro elle mate les hommes en douce, puis, cette case.

Idéal Standard, Aude Picault, Dargaud

J’ai pris le point de vue de quelqu’un qui serait derrière elle, montant les escaliers et regardant Claire qui arrive en haut des marches. Elle port une jupe et la maintient d’une main sur ses cuisses, pour que l’ courant d’air ne la soulève pas en dévoilant sa culotte. C’est un geste machinal, elle ne s’en rend pas compte, elle a intégré les oscillations d’une jupe et les anticipe. Ce geste représente pour moi un état vulnérable : Claire s’est habillée pour plaire, choisissant malgré elle un vêtement inconfortable parce qu’il ne la protège pas, au contraire.

Idéal Standard, Aude Picault, Dargaud, dans la case

Ainsi cette image anodine raconte la fragilité d’une femme qui se sent obligée d’obéir à l’injonction d’hyper féminité, sans pouvoir écouter son besoin de confort, de protection, c’est-à-dire de confiance en elle ».

 

Merci à Aude Picault pour sa participation à notre rubrique Dans la case. Et retrouvez notre chronique d’Idéal Standard édité par les éditions Dargaud.

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