Arno Monin, dans la case…

Dans la case, Arno Monin, L'adoption, Qinaya, Grand Angle, une case en plusune Case en plus vous propose de rentrer Dans la case d’un auteur de bande dessinée, qu’il soit scénariste, dessinateur ou encore coloriste. Dans la case, c’est simple : l’auteur choisit une case au sein de son dernier album, explique son choix et la décrypte pour vous.

C’est au tour d’Arno Monin de participer et de vous proposer d’entrer dans la case… du  premier tome de L’Adoption réalisé en collaboration avec Zidrou et publié chez Grand Angle.

Dans la case, Arno Monin, L'adoption, Qinaya, Grand Angle, une case en plus

« J’ai choisi la dernière case de la planche 27 car elle me semble intéressante dans sa fonction au sein de ce premier tome. Et, au passage, j’ai aimé travailler cette ambiance un peu double (tendresse et anxiété). C’est une scène muette qui pointe quelques non-dits !

Dans son scénario, Zidrou décrit cette case de la façon suivante : « La fillette qui dort dans une quasi obscurité. Ambiance un rien oppressante. Comme si une menace pesait sur ce bonheur fragile. »

Les intentions sont donc très nettes. Il se trouve que je n’ai pas vraiment eu de tâtonnements pour dessiner cette séquence. Il n’existe qu’un story-board succinct et ce dessin final. C’est d’ailleurs le cas pour la plupart des planches de cet album. En revanche, il m’est arrivé de devoir recommencer parfois des planches complètes. Je n’étais pas coutumier de cette façon de procéder mais l’idée était d’expérimenter une approche moins laborieuse et plus intuitive de la réalisation. Faire monter doucement un dessin.

Dans la case, Arno Monin, L'adoption, Qinaya, Grand Angle, une case en plusLa fonction de cette scène dans le récit est clairement de préparer la fin du tome 1. De confier au lecteur  » il y a quelque chose dont on devra vous parler ». Il s’agit d’une scène que l’on garde dans un coin de la tête en attendant qu’elle ait sa réponse.

L’analyse de cette case est donc un exercice à froid qui ne correspond pas à mon cheminement à chaud. J’avais davantage un feeling, une image en tête un peu confuse
qui s’est structurée en montant le dessin.

Dans la case, Arno Monin, L'adoption, Qinaya, Grand Angle, une case en plus

Mais si cette case fonctionne, il est certain qu’il y a des raisons. Le cadre déjà est plutôt expressif, les verticales sont déformées par la focal grand angle et les horizontales sont basculées par le cadre en biais. C’est une option en dissonance avec ce qui est représenté, une petite fille qui dort profondément dans son lit avec ses doudous, ses jouets. On ne peut pas faire plus zen, plus immobile. Le cadre y apporte un mouvement assez fort. Tout semble glisser vers la droite de l’image.

J’aime aussi le jeu qui se fait entre la lumière projetée sur la gauche de l’image qui répond au papier peint sur la droite, ces lignes en éventail. Ce n’est pas le papier le plus probable pour une chambre d’enfant, mais sachant qu’on ne ré-exploiterait pas ce lieu, ce caprice ne serait pas souligné, et, en attendant, il me permettait de réaffirmer la perspective
grand angle. Dans la case, Arno Monin, L'adoption, Qinaya, Grand Angle, une case en plus

Il est très important aussi de re-situer cette case dans la séquence. Son effet est très largement conditionné par le regard soucieux du père que l’on voit avant d’aborder ce plan.

Voilà, il y a une sorte d’accord à deux sons qui en fait une scène intéressante.  »

 

Un grand merci à Arno Monin pour sa participation.
Et retrouvez notre chronique du premier tome de L’Adoption.

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