Astérix et la Transitalique, la critique

Astérix et la Transitalique, Ferri, Conrad, Editions Albert RenéL’événement de la rentrée BD est sans conteste la sortie du nouvel album d’Astérix. Après Astérix et les Pictes et Le Papyrus de César, Astérix et la Transitalique et le troisième album d’Astérix signé par Jean Yves Ferri et Didier Conrad.

Afin d’affirmer le prestige de Rome et l’unité des peuples de la péninsule italique, Jules César approuve l’organisation d’une course ouverte à tous les peuples du Monde Connu, et visant à démontrer de manière éclatante l’excellence des voies romaines. Aux organisateurs de l’événement, César pose une condition sine qua non : l’attelage romain doit impérativement franchir la ligne d’arrivée en vainqueur (il semblerait qu’à l’époque, sport, politique et spectacle étaient déjà intimement liés…) ! Hélas pour César, c’était sans compter l’inscription à la course de nos deux champions gaulois qui risquent de chambouler ses rêves de grandeur…

Avec Astérix et la Transitalique, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad proposent aux deux héros gaulois un road-trip en Italie, des Alpes au Vésuve en les faisant participer à une course de char, rythmée et forcément semée d’embûches. Comme pour se démarquer un peu plus des créateurs de la série, René Goscinny et Albert Uderzo, la volonté assumée des auteurs est de mettre un peu plus en avant Obélix en le faisant aurige (i.e. pilote du char). « Pourquoi c’est Astérix qui a toujours le beau rôle ?» dira notamment Obélix.

A cette exception près, Jean-Yves Ferri est dans la continuité de la série en parsemant son histoire de bons jeux de mots, de différents niveaux de lectures et de nombreuses baffes, bien senties, aux romains ce qui manquaient dans les 2 précédents albums. Astérix et la Transitalique est un album assez réussi mais en en deçà du Papyrus de César sorti en 2015 qui était plus original dans les thèmes abordés. Ici, le scénariste s’intéresse à la corruption en politique et au pouvoir des grands groupes, deux thèmes sans doute moins porteurs en raison de l’actualité chargée en ce domaine…  Par ailleurs, en raison du rythme effréné voulu par l’auteur, on a le sentiment que le contexte est posé un peu trop rapidement et que le lecteur ne profite pas vraiment des différentes étapes de la course.

Astérix et la Transitalique, Ferri, Conrad, Editions Albert René

Graphiquement, au-delà de la couverture moyennement réussie, Didier Conrad maitrise un peu plus encore l’univers d’Astérix. S’il reste forcément quelques imperfections à peine perceptibles dans son dessin comparé à celui d’Albert Uderzo, son travail est vraiment réussi. Tous les personnages ont gagné en expressivité et les décors sont franchement superbes. Il s’affranchit quelque peu style Uderzo en proposant plusieurs grandes cases très fouillée notamment celle d’un carambolage impliquant environ une quarantaine de chevaux. Bravo !

Nul doute n’est vraiment permis quant aux succès public, mérité, de ce nouvel opus d’Astérix. Astérix et la Transitalique est sans conteste un album rythmé et drôle ! On regrettera toutefois un rythme un peu trop effréné et une conclusion un peu rapide.

 

Astérix #37
Astérix et la Transitalique
48 pages
Jean-Yves Ferri – Didier Conrad
Editions Albert René / Hachette
Parution : 19 octobre 2017

2 réactions sur “ Astérix et la Transitalique, la critique ”

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