Ghost Kid, la critique

Avec Ghost Kid, Tiburce Oger signe, aux éditions Grand Angle un western classique aux emprunts de road-movie. 

Hiver 1895, un vieux cow-boy entreprend un long voyage pour retrouver sa fille inconnue. À ses côtés, un « ghost kid » apache, qu’il croit être le seul à voir, l’accompagne… « Old Spur » Ambrosius Morgan est un vieux cowboy du Montana. Malgré les rhumatismes, il persiste à rouler sa bosse et ses éperons de ranch en ranch et ne s’est jamais fixé. Un jour, une lettre de la femme qu’il aima des années auparavant lui apprend qu’il est le père d’une jeune femme, Liza Jane Curtis, et que celle-ci a disparu depuis son départ pour l’Arizona. Le vieux cowboy décide de partir à la recherche de cette fille inconnue, accompagné du fantôme d’un jeune Apache qu’il croit être le seul à voir. Ne sachant s’il reviendra de cette expédition, il règle ses affaires courantes et quelques vieux comptes. 

Dans Ghost Kid, l’immersion est immédiate. La rudeur du grand froid puis de la secheresse, la saleté, le langage coloré donnent vie à ce monde de solitude et de déchéance qu’Ambrosius Morgan traverse, à la recherche d’un nouveau sens à sa vie. Ambrosius est parfait dans le rôle du vieux loup solitaire qui s’en prend plein la tête mais n’a toutefois pas totalement perdu la main. L’enfant fantôme, sorte de témoin de la quête du héros, apparaît à la moitié du récit, opportunité pour le cowboy qui part à la recherche de sa fille de s’essayer à la transmission paternelle. Alors que la piste se resserre, la tension monte et le récit s’accélère, délaissant le rythme posé du début pour nous amener à la fin inéluctable…que nous ne dévoilerons pas ici. 

La traversée du vieux vacher est l’occasion pour Tiburce Oger de livrer sa version de paysages vus et revus à travers la BD franco-belge, ces étendues d’un grand ouest qui a tant fait rêver. Le réalisme est de mise et les contrées sous nos yeux sont belles et inhospitalières, lorsqu’elles sont sauvages, ou sales lorsqu’elles sont habitées. Le tout prend vie grâce à un magnifique usage des couleurs et un dessin au caractère plus qu’adapté au propos : le teint est buriné, les personnages sont abîmés. Un gros travail est livré dans le détail de chaque page, qui passe par le trait, les ombrages et la couleur elle-même. L’image est chargée mais ce n’est pas gênant. 

Même si on pourrait regretter que la fin arrive si vite, la tension est bien dosée et on prend plaisir à l’aventure d’Ambrosieus de bout en bout. L’exercice est réussi, le ton est réaliste et Ghost Kid lorgne bien plus du côté d’Il était une fois dans l’ouest voire Impitoyable (avec Clint Eastwood) que d’un western spaghetti. 

Ghost Kid 
88 pages 
Tiburce Oger 
Grand Angle 
Parution: 17 juin 2020 

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