Ces jours qui disparaissent, la critique

Le jeune et talentueux Thimothé le Boucher publie chez Glénat son troisième album, Ces jours qui disparaissent, une course poursuite contre le temps perdu…

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps… Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

Ces jours qui disparaissent fait partie de ces livres émouvant qui touchent le lecteur par leur simplicité et leur efficacité. Thimothé le Boucher signe une histoire qui pourrait être simple si elle n’était pas tout simplement géniale. Tout à coup, Lubin Maréchal ne vit plus qu’un jour sur deux… l’autre jour son corps est “occupé” par une autre personnalité qui mène une vie bien différente de la sienne. Lubin court après le temps, qui lui file entre les mains, pour rester en contact avec ses amis, son boulot d’acrobate, sa famille et ses rêves. Ces jours qui disparaissent est une récit absolument magnifique, captivant et prenant qui embarque le lecteur dans une histoire un peu folle et déconcertante qui pose un certain nombres de questions sur l’identité, la dualité de l’être et le rapport entre le corps et l’esprit. Plus le récit avance, plus le jeune héros perd les pieds. Le lecteur lui reste concentré sur le récit très fluide et bien ficelé de Timothé le Boucher, la disparition de ces fameux jours n’impactant d’aucune manière la compréhension et la lisibilité du récit. Il ressort également de cette histoire beaucoup de tristesse de voir Lubin Maréchal perdre ses repères et le cours de sa vie. La vie continue, sans lui, il et découvre après coup des nombreux changements dans son entourage et la disparition des membres de sa famille. Tout au long du récit, tout comme le héros, le lecteur est pris par le doute et il le espère que Lubin parviendra à reprendre le dessus et à comprendre ce qui lui arrive… Ces jours qui disparaissent ressemble au passage de l’enfance à l’âge adulte lorsque brusquement on découvre que la vie n’est pas vraiment toute rose tous les jours et que tombe le poids des responsabilités. Envoûtant et magnifique !

Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat
Ces jours qui disparaissent, Thimothé le Boucher, Glénat

Le dessin de Thimothé le Boucher est doux et expressif. Son trait fin apporte la légèreté nécessaire à son propos. Le découpage est quant à lui très fluide, les jours qui disparaissent étant bien intégrés dans le récit. Les personnages sont par ailleurs très attachants.

Superbe, magnifique, captivant et envoûtant ! Les mots pour qualifier cet album ne manqueraient pas. Disons simplement que le lecteur prends un belle claque à la lecture de Ces jours disparaissent de Thimothé le Boucher, une lecture qui marque le lecteur bien au-delà de la fermeture du livre. Certainement l’une des plus belles BD de l’année !

Ces jours qui disparaissent
Thimothe Le Boucher
192 pages
Glénat
Parution : 13 septembre 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Email this to someonePrint this page

1 thought on “Ces jours qui disparaissent, la critique

  1. Ping Timothé Le Boucher, dans la case... | une Case en plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *