Jules Verne et l’astrolabe d’Uranie, la critique

Jules Verne et l’astrolabe d’Uranie d’Esther Gil et Carlos Puerta nous invite au voyage à travers Paris et les États Unis de la fin du 19è siècle.

Alors qu’il n’est encore qu’un enfant rêveur, Jules Verne assiste à un étrange échange. Un homme acquiert un mystérieux objet : un astrolabe… 28 ans plus tard, il embarque pour les Amériques afin d’y trouver l’inspiration. Mais à bord, Jules découvre qu’un savant nommé Orpheus serait lié à ce qu’il a vu dans son enfance. Il décide de le suivre à travers le grand Nord. Que manigance cet homme ? Et à quoi peut bien lui servir l’astrolabe ? Jules devra braver mille dangers pour le découvrir.

L’histoire d’Esther Gil s’ouvre sur une scène de l’enfance du héros qui pique l’intérêt et laisse rapidement place à une belle ellipse. Jules Verne, dans la force de l’âge, est dépassionné, mélancolique, ressasse les souvenirs d’un amour perdu et ses aventures imaginaires le font plus rêver que sa propre famille. C’est Paul, son frère, qui lui donnera l’occasion de s’évader de son quotidien le temps d’un périple sur le nouveau continent, qui ne sera pas sans embûches. L’ambiance est excellente, le canevas du récit est riche et documenté, chaque personnage est consistant, servi par des dialogues fins concourant à l’immersion dans le 19è siecle de Jules Verne et Victor Hugo.
Jamais on ne s’ennuie, les héros sont constamment en mouvement, par bateau, train, course, wagon de mine, vivant l’aventure et nous embarquant au passage.

Cette oeuvre est servie par le dessin de Carlos Puerta, entre photorealisme et gravure, qui nous plonge dans un film où l’on croit parfois reconnaître des acteurs que l’on affectionne, tant ils sont expressifs. Nous pourrions craindre un trait statique, risque éventuel de ce style, et pourtant il est toujours précis sans être figé et ravit les yeux sans jamais faillir. S’il est certes chargé, c’est plutôt donc au sens d’un tableau travaillé, où chaque case est une occasion au dépaysement.

Jules Verne et l’astrolabe d’Uranie est une oeuvre belle et cohérente que l’on a adoré. Prouesse graphique, scénario dépaysant et maîtrisé, l’alchimie est si parfaite que nous aurions préféré une fin moins rapide pour que s’attarde le génial vilain et que nous cheminions encore avec Jules et son frère.

Jules Verne et l’astrolabe d’Uranie (Intégrale)
104 pages
Esther GIl – Carlos Puerta
Ankama
Parution : 25 octobre 2019

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