Nicolas Pothier, dans la case… | Ratafia Delirium #1

Une Case en plus vous propose de rentrer Dans la case d’un auteur de bande dessinée, qu’il soit scénariste, dessinateur ou encore coloriste. Dans la case, c’est simple, l’auteur choisit une case au sein de son dernier album, explique son choix et la décrypte pour vous.

Aujourd’hui, c’est au tour de Nicolas Pothier de nous faire entrer dans la case. Il a choisi la case 5 de la page 27 du tout premier tome de Ratafia Delirium, Le Mal Blanc, publié aux éditions Glénat.

« J’ai choisi cette case parce qu’elle est représentative de Ratafia en général et de Ratafia Délirium en particulier. Il y a d’abord les gueules des persos qui sont, d’après moi, un des points forts du dessin de Fred Salsedo. On ne peut pas lui enlever ça : il a le don de créer des personnages drôles et originaux. D’ailleurs, c’est lui qui a relooké complètement le Capitaine qui est le personnage qui s’éloigne le plus physiquement du « design » d’origine. Les autres sont sensiblement identiques aux pirates de la série « mère » si ce n’est qu’on les a habillé de combinaisons « à la Star Trek » mais ça, c’était pour les besoins de l’histoire.

Ensuite, cette case est représentative d’un des aspects (parmi tant d’autres) de l’humour dans Ratafia : les gags à répétitions. Dans tous les albums de Ratafia, il y a un oiseau qui dit « Gnol » en regardant les protagonistes, plusieurs fois dans chaque album. L’oiseau est ici un (évident) hommage à Moebius car, dans une BD qui fait des clins d’œil à la SF dans toutes les cases, c’était la moindre des choses. Ce truc de l’oiseau qui dit « gnol », c’est donc un passage obligé dans Ratafia, comme la chanson en début d’album, ou encore la petite tête de mort qui passe au-dessus de la tête des personnages pour souligner un silence gênant. J’entretiens ce truc de connivence avec le lecteur, j’en abuse un peu, j’avoue. (Je dis « j’avoue » pour parler comme les jeunes d’aujourd’hui, je veux rester branché. Mais si je dis « branché », ça fait ringard. Du coup, je ne sais plus quoi dire pour être dans le coup, j’avoue.)

Cette séquence arrive aussi en plein milieu de l’album, juste avant l’arrivée de Jeanne, la femme du capitaine, qui va reprendre les choses en main et relancer l’action. Ce genre de séquence impose un faux rythme que j’aime bien, même si je sais que ça peut énerver certains lecteurs. Mais Ratafia n’est fait que de ça, de digressions, de séquences qui ne servent à rien (si ce n’est à rire, j’espère), de cassures, etc. Faut l’accepter ou bien faut plutôt lire Alix.

Quand j’écris un scénario, je le dessine en même temps. Je fais mon propre story-board pour « voir » un peu l’histoire. Je fais des découpages avec mes ciseaux, j’intervertis des séquences. Même s’il y a un fil conducteur, tout le monde sait que Ratafia reste une succession de sketchs.

Avec Ratafia Délirium, on voulait redonner du souffle à la série. Au lieu de faire un tome 9, qui serait passé inaperçu dans le flot des sorties BD tout au long de l’année, j’ai proposé à Glénat une sorte de Spin-Off dans lequel on mettrait nos personnages dans un autre univers. En commençant par des pirates de l’espace. Ce n’est pas une idée nouvelle, d’autres auteurs ont déjà fait ça, mais ça permet de se renouveler tout en gardant la particularité et ce qui fait le sel de la série, à savoir les personnages, le ton, l’humour idiot, l’absurde, les références et bien sûr les jeux de mots.

Si sur la forme, on est dans une parodie de Science-Fiction, le thème de fond, c’est la santé. Donc on blague gentiment sur les médecins, l’hôpital, les secrétaires médicales, les salles d’attente, et bien sûr l’industrie pharmaceutique qui ne produit plus de médicaments pour les pauvres. N’oublions jamais la grande règle des trois « D » : de la Déconne, de la Déconne et de la Dénonce !

Je ne sais pas du tout ce que vont en penser les lecteurs mais nous, on s’est bien amusés à le faire. »

Un grand merci à Nicolas Pothier pour sa participation à la rubrique Dans la case et retrouvez la chronique du tome 1 de Ratafia Delirium, Le mal blanc.

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