Spirou chez les Soviets, la critique

Avec Spirou chez les Soviets, Fred Neidhardt et Fabrice Tarrin signent leur Spirou et ravivent le goût pour la série dans ce qu’elle a de plus mythique et intemporel !

Le comte de Champignac a disparu ! Il a été enlevé par des agents du KGB… Des savants russes ont besoin de lui pour les aider à répandre le gène du communisme dans le monde entier. Dans le contexte de la guerre froide, Spirou et Fantasio jouent les James Bond, espions infiltrés sous la couverture d’un reportage pour Vaillant (Pif Gadget), le journal communiste de l’époque. Parviendront-ils à délivrer Champignac de l’embrigadement bolchévique et à sauver le monde de la contamination communiste ?

Ce Spirou chez les Soviets est certainement le meilleur album de Spirou depuis très longtemps. Et pourtant, de nombreux auteurs se sont prêtés à l’exercice ces dernières années, tant dans la série principale que dans la collection Le Spirou de.. dans laquelle des auteurs ont carte blanche pour développer leur vision du personnage, pour faire (re)vivre le personnage et l’esprit de la série. Avec, il faut bien l’avouer, plus ou moins de succès. Fred Neidhardt connait parfaitement l’univers du groom et le montre avec un scénario parfaitement maitrisé. Il envoie Spirou et son fantasque ami Fantasio en Union soviétique à la recherche du comte de Champignac qui a été enlevé par des agents du KGB afin qu’il mette au point une formule, bien évidemment à base de champignon, permettant de réveiller en chaque être humain le gêne du communisme. Egratignant tant le communisme que le capitalisme, c’est un scénario sur mesure qui virevolte entre la grande aventure et un humour assumé. Fred Neidhardt a pris le parti de jouer sur tous les clichés possibles et imaginables sur le communisme et d’inclure dans son récit de nombreux clins d’oeil et références à Franquin (bien sûr) mais aussi à Hergé, Pif Gadget, Vaillant, Mission Impossible ou encore James Bond sans que cela ne nuise un seul instant à la lecture de cette histoire. On découvre au gré des cases Natalia qui emmène les deux héros au Café Pouchkine, De Mesmaeker, Gaston, Tintin et Le Crabe aux pinces d’or et tant d’autres références à la BD franco-belge. Le récit est bien ficelé, efficace et très rythmé même si on pourrait regretter les dernières pages qui gâchent un peu le goût du plaisir.

Le dessin de Fabrice Tarrin, dans un style volontairement rétro, est très convaincant, très agréable. Il est dans la continuité du travail de Franquin et propose un dessin classique et très épuré sans pour autant perdre sa patte. Nerveux et vif.

Ce Spirou chez les soviets est une très belle surprise. Fred Neidhart et Fabrice Tarrin livrent un album résolument drôle, bourré d’actions et de retournements de situation qui rythment efficacement le récit. On en vient à rêver que ce duo renouvelle l’expérience avec un nouvel album qui pourrait parfaitement prendre sa place, tout comme ce Spirou chez les Soviets, dans la collection originelle. Vite, un autre !

Spirou chez les Soviets
56 pages
Fred Neidhardt – Fabrice Tarrin
Dupuis
Parution : 4 septembre 2020

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