Une suite à Tintin ? Retour sur l’émission Ce soir (ou jamais!)

tintin-appears1En répondant à une interview auprès d’une journaliste du Monde, Nick Rodwell n’a sans doute pas imaginé que sa déclaration ferait autant de bruit

A la question : « Alors, aura-t-on de nouvelles aventures (de Tintin) ? » Nick Rodwell a essayer de répondre malicieusement : « Oui… en 2053 ». Sauf que, la réponse qui se voulait plus une boutade a eu l’effet d’une petite bombe dans le milieu de la BD. Si bien que l’information a été reprise dans tous les médias qu’ils soient spécialisés ou généralistes.

Pourquoi en 2053 ? Parce qu’au 1er janvier 2054, les droits d’Hergé tomberont alors dans le domaine public . Et pour protéger les droits, il est nécessaire, juridiquement, que paraisse une nouveauté.

Ce vendredi 7 décembre, invité dans l’émission Ce soir (ou jamais !) – qui organisait un débat (vraiment intéressant) autour de la poursuite d’une œuvre après la mort de son auteur – Nick Rodwell est revenu sur ses déclarations. Il explique qu’en tant qu’administrateur délégué de la société Moulinsart, sa mission est « de protéger et promouvoir l’œuvre d’Hergé ». En tant que tel, pourquoi ne pas envisager la parution d’un nouvel album, ou autre, s’il permet de prolonger les droits autour de l’œuvre. « Si je sens que c’est bon pour la protection de cette œuvre, je fonce. C’est la raison pour laquelle on a fait le film. On avait le choix de rester dans le ghetto franco-belge ou d’aller vers Hollywood pour être plus global ». Tout en précisant qu’Hergé a toujours indiqué ne pas souhaiter de nouvel album de Tintin « sur papier »….

Ce dernier mot laisse entendre que le retour de Tintin pourrait se faire sous une autre forme, et pourquoi pas numérique. Nick Rodwell précise, toutefois, qu’ils bénéficient de « 40 ans pour régler le problème ». Mais si une nouveauté pourrait arriver d’ici à 2053, c’est à l’éditeur, Casterman, et à l’ayant droit, Fanny Hergé, que reviendra la décision finale.

Alors pourquoi ne pas laisser Tintin « entrer » dans le domaine public ? Nick Rodwell précise que c’est pour « ne pas dénaturer l’œuvre, pour empêcher que des individus ne fassent n’importe quoi ». Autrement dit, Tintin dans le domaine public, tout le monde pourrait reprendre les aventures du héros avec de nouveaux auteurs sans que personne n’ait son mot à dire. Le seul recours des ayants-droits serait le droit moral, qui s’exerce a posteriori, c’est-à-dire bien souvent quand le mal est déjà fait.

Si les déclarations de Nick Rodwell ont permis d’ouvrir le débat autour des droits d’auteur, le sujet est loin d’être clos. Une œuvre, et ici une bande dessinée, doit-elle être survivre à sont auteur ? N’est-il pas préférable et surtout légitime que les ayants-droits puissent décider de confier l’œuvre originale à de nouveaux auteurs qui la poursuivront afin de la protéger et de la préserver ?

Par exemple, Blake et Mortimer, Boule et Bill, Lucky Luke ou dernièrement Astérix, ont été confiées à de nouveaux auteurs. Pour ces séries, certes, il n’était pas question d’empêcher l’œuvre de tomber dans le domaine public. Mais le résultat est là, plutôt bon. Et quand on voit le conflit entre un père et sa fille, on se dit que le co-auteur d’Astérix a finalement eu raison de décider de son vivant de la poursuite de la série par d’autres auteurs.

Hergé lui a clairement indiqué qu’il ne voulait pas voir Tintin se poursuivre après sa mort. Alors finalement qu’il tombe ou non dans le domaine public, sa volonté sera-t-elle respectée ? A suivre…

Qu'en pense Alexandre Astier ?
Alexandre Astier participait lui aussi à l’émission Ce soir (ou jamais !). Le créateur et auteur de Kaamelott, mais aussi le réalisateur du prochain dessin animé Astérix en 3D, a apporté sa pierre à la réflexion. Et il s’agit d’une réflexion pleine de bon sens : « ces œuvres (Tintin, Astérix,…) sont tellement fortes qu’elles sont devenus des mythologies. Et le propre d’une mythologie est d’être remâché à chaque époque ». Ce qui compte c’est qu’il y ait « un auteur » derrière la reprise, qu’il ne s’agisse pas d’un contrat, mais que l’auteur/repreneur « aime l’œuvre ». Si l’auteur est bon, si ce n’est pas qu’une histoire d’argent, alors oui, il serait dommage de ne pas poursuivre une œuvre après la mort de son auteur. C’est ce que l’auteur ca faire avec l’œuvre qui compte, et tous les auteurs ne sont pas forcément bon ». Il ne pouvait pas mieux dire.

 

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